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Löic


Löic est un trentenaire qui travaille dans une agence immobilière depuis de nombreuses années.
Il est apprécié et bien vu par le directeur et ses collègues pour son professionnalisme et son intégrité.
Il accorde une grande importance à son apparence et s’habille toujours avec goût et attention aux détails, que ce soit une paire de chaussures, une chemise ou une veste élégante.

Plutôt réservé, il n’aime pas parler de sa vie en dehors du travail et participe rarement aux apéritifs entre collègues. Cependant, il raconte souvent ses voyages aventureux dans de magnifiques endroits avec de petits groupes de participants.
À l’agence, ses collègues ne savent pas s’il a une petite amie ou si, peut-être, il est si réservé parce qu’il ne veut pas que l’on sache qu’il est homosexuel.

Quoi qu’il en soit, Löic travaille avec d’excellents résultats et gagne bien sa vie, un salaire amplement mérité.
Un jour, un de ses collègues aperçoit sur son bureau un médicament utilisé pour perdre du poids.
Naïvement, il lui demande pourquoi il en prend, étant donné que Löic est visiblement en forme et qu’il n’a certainement pas un gramme de graisse en trop.

Löic semble très contrarié par cette question, ne sait pas trop quoi répondre et se montre plutôt agressif envers son collègue.
D’autres collègues, témoins de la scène par hasard, tentent d’apaiser l’atmosphère, mais Löic est bouleversé, vexé, et quitte soudainement l’agence sous le regard stupéfait de ses collègues.

Martine, une collègue peinée par ce qui vient de se passer, le suit pour le rassurer, mais elle est repoussée et reçoit des paroles désagréables…
À l’agence, tout le monde est choqué et attristé par l’incident, un véritable coup de tonnerre dans un ciel serein.

Le lendemain, Löic ne vient pas travailler, il se déclare malade et ne répond ni aux appels de son patron ni à ceux de ses collègues.
En réalité, il reste “en arrêt maladie” pendant une semaine, laissant ses collègues de plus en plus perplexes et inquiets.

Lorsqu’il revient au travail, personne ne fait allusion à l’incident, et bien sûr, lui non plus.
Martine, qui l’avait suivi hors du bureau, ne parvient pas à faire comme si de rien n’était et, avec douceur, lui parle pour essayer de comprendre et de lui offrir son amitié sincère.

Ils se retrouvent le soir dans un bar, et Löic, les yeux humides, lui avoue qu’il va très mal. Il ne veut pas montrer sa faiblesse aux autres, mais il n’en peut plus et éclate en sanglots.
Martine est bouleversée et comprend alors la grande souffrance que Löic a toujours cachée.

Avec beaucoup de délicatesse, elle attend qu’il poursuive et révèle enfin la raison d’une telle détresse : elle apprend ainsi que le jeune homme est anorexique depuis de nombreuses années.
Il mange toujours les mêmes deux ou trois aliments et ne fait jamais d’écart.
De plus, il va très souvent à la salle de sport pour brûler des calories et, depuis quelques semaines, il a réussi à obtenir d’un médecin une prescription de médicaments “pour maigrir” car il se perçoit comme étant gros !

Il devient alors évident pourquoi Löic avait un comportement si “étrange”, pourquoi il gardait son secret au bureau et pourquoi il semblait toujours si distant et froid.

Martine s’inquiète pour lui et lui propose des pistes pour accéder à des consultations ou des groupes de soutien afin d’affronter la souffrance qui lui gâche la vie.
Sur Internet, Martine trouve Soremax, qui lui semble être une opportunité pour Löic de commencer à faire face à sa douleur et d’être aidé par d’autres personnes.

Löic assiste à un premier entretien, accompagné de Martine, qui se révèle être une véritable amie et un réel soutien pour lui.
Très vite, on remarque que Löic ne consomme que deux ou trois types d’aliments, totalement inadaptés pour lui apporter les vitamines, les calories et les nutriments essentiels dont un jeune homme a besoin.
Il se perçoit comme étant gros et cherche en permanence à perdre du poids, que ce soit par le sport, par une alimentation stricte proche d’un “régime de prisonnier de guerre”, ou plus récemment par des médicaments qui lui causent des effets secondaires tels que de violents maux de tête.

La situation est très complexe, mais d’une certaine manière, Löic a enfin brisé son secret avec Martine, qui est bien décidée à faire quelque chose pour l’aider, le sentant humainement fragile et en détresse.

Notre approche privilégie ici l’aspect de la nutrition et de l’alimentation, qui sont pour Löic synonymes de poison, de rejet et de risque de grossir, alors qu’il se perçoit déjà en surpoids.
Le test PCS, que nous lui proposons, nous fournit de nombreuses informations sur les liens entre les aspects psychologiques et les émotions associées à la consommation de certains aliments ou non.

Ce premier contact nous aide à amener Löic à redécouvrir les aliments sous l’angle du goût, des couleurs, des parfums, des associations et des modes de cuisson, afin de réveiller des souvenirs et des émotions bien ancrés dans son esprit, qu’ils soient négatifs ou positifs.

Un premier pas pour essayer de mettre de l’ordre dans le désordre total qu’entretient Löic avec la nourriture, sans compter les calories et les sucres, mais en valorisant l’aspect sensoriel du fait de manger.

Löic reste très sceptique, mais il sait qu’il est dans une impasse et qu’il doit faire quelque chose, faire confiance à quelqu’un.

En quelques mois, Löic commence à goûter des aliments qu’il n’avait pas mangés depuis des années, il abandonne les médicaments “pour maigrir” et parvient à réduire son obsession pour l’entraînement intensif en salle de sport.
Le travail sensoriel autour de la nourriture est accompagné de séances psychologiques, pour lui permettre d’exprimer son angoisse et de le soutenir dans ce parcours difficile, en ayant conscience que lorsqu’on touche le fond, on ne peut que remonter !

Nous utilisons également d’autres tests psychologiques afin d’explorer son passé familial et son histoire, pour l’aider à revoir et à reconnaître l’origine de cette souffrance qu’il a cachée aux autres pendant tant d’années.

Le travail est en cours, et Martine reste toujours très présente aux côtés de Löic, lui apportant un soutien sincère et précieux.
Les plus malveillants murmurent que les deux auraient commencé une relation, qu’ils se voient sans arrêt et forment désormais un couple…


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Anna et son passé

Anna est une jeune Italienne de 28 ans qui vit en France, à Nice, depuis quatre ans. Dès l’époque de l’université, elle a toujours été très photogénique, au point de pouvoir payer son loyer et ses études grâce à des séances photo qui lui permettaient de subvenir à ses besoins sans difficulté. Pendant un certain temps, elle avait envisagé de se lancer dans le monde du spectacle, mais elle a sagement choisi d’investir dans des études universitaires en langues étrangères.

C’est justement au cours de ses études à l’Université pour étrangers de Pérouse qu’Anna a rencontré Vincent. Une étincelle s’est allumée entre les deux jeunes gens et, à la fin des études de Vincent en Italie, Anna a décidé de le suivre à Nice, où ils ont commencé à vivre ensemble.

Ce furent des années épanouissantes tant sur le plan relationnel que professionnel, jusqu’au moment où ils ont sérieusement pensé à avoir un enfant. Anna tombe rapidement enceinte et la grossesse se déroule sans difficulté. Une petite fille est née et le couple est sur un petit nuage de bonheur. Au début, la ville de Nice, agréable et riche en services pour un couple avec un jeune enfant, se révèle fatigante à la longue, au point que le couple décide de s’installer dans un village à une trentaine de kilomètres de Nice. Le télétravail leur permet de gérer au mieux ce déménagement, heureux de leur petite mais charmante maison avec un jardin.

Malgré la joie d’avoir leur fille, Anna souffre de la prise de poids importante qu’elle a accumulée pendant la grossesse, un poids qu’elle n’a pas réussi à perdre dans les mois suivants. Anna accorde toujours beaucoup d’importance à son apparence physique et se rend compte que cet excès de poids la fait mal vivre son rôle de femme et de mère. Elle en parle à Vincent, qui au début sous-estime sa souffrance, mais finit par comprendre que c’est un sujet trop délicat et douloureux pour sa compagne.

Anna essaie plusieurs régimes sans succès, car elle a toujours faim, bien qu’elle sache qu’elle mange souvent par ennui. Elle décide de consulter un nutritionniste qui lui propose un plan très soigné et personnalisé, mais elle ne parvient à le suivre que pendant quelques mois, ce qui la déçoit beaucoup. Désespérée, Anna discute un jour avec sa petite sœur, qui lui propose un vieux « truc » : « … Mange ce que tu veux et ensuite va vomir, sans que Vincent ne te voie. Au début, ce n’est pas facile, mais ensuite tu y arriveras sans problème… »

Anna n’y avait jamais pensé, et elle trouve l’idée géniale : elle pourra manger, vomir ensuite, et ainsi retrouver son corps et se regarder sereinement dans le miroir. En peu de temps, son poids semble redevenir presque normal. Anna se sent forte et « gagnante », puisqu’elle ne fait de mal à personne !

Ce « truc » fonctionne pendant plus d’un an, jusqu’au jour où Vincent, qui soupçonnait quelque chose, la surprend en train de vomir dans la salle de bain. Un moment très tendu s’ensuit entre eux deux : Anna minimise la situation, mais Vincent est effrayé et conscient de la souffrance de sa compagne. Après une longue nuit de discussions, de clarifications, d’émotions et de pleurs, Vincent propose à Anna de demander de l’aide pour leur couple et ils décident de contacter Soremax.

Les premiers entretiens révèlent un lien de couple fort et authentique. Anna et Vincent s’aiment et sont véritablement complices, en plus d’être des parents attentionnés et affectueux avec leur petite fille. Mais quelque chose de « sombre » transparaît dans les paroles d’Anna lorsqu’elle parle de son adolescence : elle a toujours été une très belle jeune fille, grande, sportive, dynamique, avec une grande envie de vivre et de voyager.

Nous tentons, non sans difficulté, d’approfondir certaines expériences fortes de son passé. Vu la délicatesse du sujet, nous préférons voir Anna séparément de Vincent. La thérapie psychologique n’est pas une question de voyeurisme, mais de prise de conscience de son propre parcours personnel. Anna nous dit : « … Pendant une certaine période, j’ai consommé des drogues légères, de l’alcool et j’ai eu des relations sexuelles avec des garçons rencontrés au cours de mes voyages en Europe… »

Dans cet espace protégé, Anna se souvient d’un épisode avec un garçon rencontré lors d’un voyage en Europe du Nord. Elle ne se souvient pas bien, sa mémoire la trompe peut-être, mais quelque chose de grave s’est manifestement produit. Les effets en sont clairs : pendant quelques mois après ce voyage, elle était très nerveuse, irritable et agressive. Surtout, elle avait arrêté de manger, jusqu’à l’aménorrhée, et elle ne voulait plus être touchée par aucun garçon. Avec difficulté, elle se souvient qu’un garçon l’avait forcée à une relation sans son consentement. Par peur, elle avait laissé faire, mais ensuite elle s’était sentie très mal et… elle se souvient maintenant, elle avait vomi toute la nuit, terrorisée et dégoûtée.

La honte l’avait empêchée de parler de cet incident avec sa famille et ses amies, qui l’avaient pourtant mise en garde contre des comportements trop « désinvoltes » avec des garçons tout juste rencontrés. Maintenant, Anna peut et doit travailler sur ce traumatisme, et surtout sur ses conséquences. C’est à elle de rompre le silence, et elle décide d’en parler à Vincent. C’est un récit douloureux et émouvant, ponctué de pleurs, qu’Anna partage avec Vincent. Il en est profondément touché et réagit en l’enlaçant très fort, renforçant encore leur lien.

Brisant enfin le terrible secret de cet épisode et d’un passé qu’elle aimerait effacer, qu’elle ressent comme un fardeau qu’elle doit partager avec Vincent, Anna passe des semaines qu’elle décrit comme étant en état de catatonie. Elle se sent éteinte, sans énergie psychologique, tandis que Vincent l’aide beaucoup, prenant en charge presque totalement leur fille.

Après plusieurs semaines d’anorexie, Anna commence lentement à manger à nouveau, mais elle est terrifiée à l’idée de ne pas pouvoir « garder » la nourriture et de devoir courir aux toilettes pour vomir. Pour répondre à cette peur, nous lui proposons un accompagnement axé sur la nourriture : le choix de ce qu’elle va manger, la préparation par Anna elle-même, la cuisson et ensuite… le repas à table, sans prêter attention aux calories, aux sucres ou aux quantités. Cela est fait pour aider Anna à redécouvrir le plaisir de manger, la saveur, la fragrance, le goût, la couleur, et non la quantité, qu’elle associe à l’obligation de vomir pour se « libérer » de ce qu’elle a mangé.

C’est un travail délicat et très personnalisé qui permet à Anna de redécouvrir la nourriture sous un jour totalement différent, comme une expérience gustative et non comme une question de quantité, de sucre ou de calories, des aspects qu’elle ne peut tolérer.

Anna est surprise par cette approche, qui lui permet d’« apprendre » une nouvelle manière de manger, tout en douceur, sans hâte ni contrainte, puisque le poids est la dernière de nos préoccupations, étant plutôt la conséquence directe d’un retour à la sérénité, ce qui peut aussi se refléter sur sa relation avec la nourriture et son bien-être général.

Le texte est rédigé dans le respect du Code de la vie privée – RGPD – règlement UE 2016/679.